Votre patrimoine est un projet d'avenir
06/04/2016
Editorial
Pays emergents
Pas encore morts

L'Institut de Finance Internationale (IFI) estime à 37 milliards de dollars les flux de capitaux reçus par les pays émergents en mars. Ce n'est que le deuxième mois consécutif de flux positifs après sept  mois de repli, mais c'est un niveau très au-dessus de la moyenne, et le plus élevé depuis juin 2014. Il est partagé à peu près par moitiés entre les actions et les obligations.

Un autre indice, la détente du prix des CDS : le 5 ans mexicain est ainsi revenu de 230 pdb le 11 février à 155 le 30 mars. Faut-il en conclure que l'épisode d'aversion au risque, et surtout d'aversion au risque émergent, est maintenant derrière nous ?

Sans doute pas. Les risques baissiers restent présents : incertitudes sur l'économie chinoise, crise politique (durable ?) au Brésil, contexte économico-politique (le prix bas du pétrole et ses conséquences budgétaires) au Moyen-Orient... sans oublier la perspective d'une remontée des taux américains et ses conséquences sur des corporates émergents parfois trop lourdement endettés.

Mais il n'y a pas que ces risques. De la part des investisseurs, il y a d'abord des considérations de court terme. Beaucoup d'actifs « émergents » sont devenus très bon marché, en particulier ceux cotés en monnaies locales. Et on peut considérer que, sauf accident (une nouvelle chute du prix du pétrole, ou une improbable remontée brutale des taux américains), l'essentiel de la correction sur les taux de change est derrière nous. Il y a aussi la recherche de rentabilité, alors que celle des « valeurs  refuges » (les titres souverains des pays développés les plus solides) est très faible, et que même  elle du high yield est orientée à la baisse (le spread sur les corporates américains notés BBB est tombé de 300 à 230 pdb en quelques semaines en mars). Mais il y a aussi une vraie résilience. En dehors du cas particulier brésilien (et même au Brésil, on commence à voir les exportations manufacturières réagir  à un taux de change plus favorable), la croissance résiste en Europe centrale et dans les pays andins, elle est stable et même progresse dans quelques cas en Asie (Indonésie, Philippines), et même au MoyenOrient, la plupart des pays ont des réserves qui leur permettent de soutenir l'activité jusqu'à des jours meilleurs.

Il reste à espérer que Madame Yellen ne refroidisse pas brutalement ce début de regain d'optimisme (mais elle s'emploie à dire qu'elle ne le fera pas). Et peut-être surtout que cette résistance des émergents ne se convertisse pas en vague d'euphorie qui ramènerait leurs marchés et leurs devises à des niveaux insoutenables.

Les faits marquants de la semaine :

En Roumanie, le gouvernement ose une baisse de la TVA.

En Ukraine, la situation politique est encore confuse, mais le moment important.

 À Oman, la forte chute du prix du pétrole entraîne des déséquilibres macroéconomiques très importants.

En Afrique du Sud, l’inflation est à son plus haut niveau depuis sept ans du fait de la sécheresse.

 En Thaïlande, imbroglio politique persistant.

 Au  Mexique, des exportations atones sauf dans l'automobile, mais une consommation domestique   dynamique.

 

Pétrole, l’Arabie Saoudite ne semble pas vouloir jouer collectif.

Agroalimentaire – produits laitiers frais : Danone, désormais seul maître chez lui en Russie, fait aussi son marché en Afrique.

Études Économiques Groupe – Crédit Agricole S.A. 12, place des États-Unis – 92127 Montrouge Cedex 

Directeur de la publication : Isabelle JOB-BAZILLE Rédacteur en chef : Jean-Louis MARTIN


Archives

Les dernières Actualités

05/11/2019
Consentir un prêt à ses enfants
FISCALITÉ, SUCCESSION TRANSMISSION
05/11/2019
Protéger l’avenir de son partenaire de Pacs
SUCCESSION TRANSMISISON
02/10/2019
Réaliser un investissement en zone locative tendue
PLACEMENTS, IMMOBILIER, INVESTISSEMENTS
02/10/2019
Derniers mois pour faire baisser votre impôt 2020
FISCALITÉ
02/10/2019
Assurance vie et régime communautaire font parfois mauvais ménage
SUCCESSION TRANSMISISON