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09/05/2016
Edition du 2 mai 2016
Des clarifications nécessaires et positives
Un retour de l'appétit pour le risque...

La semaine qui s’est écoulée a vu un retour de l’appétit pour le risque soutenu par une clarification des prochaines actions des banques centrales et par la perception que certains des risques globaux sont en baisse malgré un T1 2016 globalement décevant, notamment aux Etats-Unis. La résilience de la croissance chinoise, la remontée des prix des matières premières, qui éloignent le spectre de la déflation, et la faiblesse du dollar, facteur stabilisant pour la croissance mondiale, ont contribué à ce meilleur sentiment de marché.

En Europe, l’accélération du PIB au T1 2016 n’est pas une surprise, bien que, la première estimation pour la zone euro (+0,6% sur le trimestre) soit au-delà de notre prévision (+0,4%). Il ne s’agit là que d’un ajustement prévisible, suite au trou d’air du cycle manufacturier de l’été et le signe que les inquiétudes sur croissance étaient excessives. La plupart des observateurs ont cédé aux craintes liées à l’accumulation de forts risques extrêmes, en révisant à la baisse leur scénario central. Maintenant que le T1, si confirmé par l’estimation définitive du 13 mai, nous laisse en héritage une croissance de 1% au minimum pour la zone euro en 2016 et que la matérialisation de certains de ces risques  extrêmes paraît moins probable, nous assisterons à un cycle de révision à la hausse des prévisions. Malgré des indicateurs d’enquête signalant un affaiblissement de la croissance au T2 2016, les  derniers indicateurs réels d’activité en mars nous indiquent que les créations d’emploi se poursuivent et que les flux de crédit aux ménages, mais aussi aux entreprises ne s’affaiblissent pas.

Sur le front politique, des signaux encourageants pour la croissance sont venus des dernières  réunions de l’Eurogroupe et de l’Ecofin. Les pays Membres semblent d’accord pour travailler à une simplification des critères du Pacte de stabilité et de croissance, et faire ainsi évoluer le mécanisme de surveillance multilatérale des finances publiques vers plus de transparence, alors même que la Commission se montre disposée à une interprétation plus flexible des règles pour les pays ayant  engagé des réformes structurelles. Cela ne remettrait pas en cause la probable mise à l’amende symbolique de l’Espagne (qui retarde son processus budgétaire par un retour aux urnes) et du Portugal (qui échappe à une révision à la baisse du rating par DBRS, seule agence qui maintient le pays en investment grade). La question du plafonnement de la détention de titres souverains par les banques a aussi été abordée, suite à la requête allemande de conditionner la mise en place du troisième pilier de l’Union bancaire, le fonds de garantie des dépôts unique, à ce plafonnement.

Cette question représentait une menace potentielle sur le sentiment de marché dans la zone euro et une clarification était nécessaire. Il en est ressorti un positionnement clair de la BCE, qui voit ce conditionnement comme un élément d’instabilité de l’UEM. La Commission européenne ainsi que 13 des 19 pays membres jugent que la réduction de la détention souveraine doit être un processus de long terme, à gérer dans le cadre plus large du Comité de Bâle et pas dans le processus d’achèvement de l’Union bancaire.

France : PIB meilleur que prévu au T1 (+0,5%), à la faveur d’une consommation très soutenue.

Selon la première estimation de l’Insee, la croissance au premier trimestre 2016 ressort un peu au-dessus de notre prévision et du consensus, à +0,5% en variation trimestrielle après +0,3% T4 2015. Comme anticipé, la demande intérieure est le principal facteur de croissance ce trimestre. Elle connaît une hausse de 0,9% sur le trimestre après +0,2% au T4, portée en premier lieu par un rebond de la consommation des ménages (+1,2% au T1 après -0,1% au T4).

Celui-ci est la principale surprise et explique que la croissance soit meilleure que prévu. A noter aussi   que l’investissement des entreprises accélère (+1,6% sur le trimestre après +1,0 au T4), tandis que  l’investissement des ménages diminue légèrement pour le onzième trimestre consécutif (-0,2%).  L’investissement public reste pour sa part quasi inchangé par rapport au trimestre précédent  (+0,1%). La demande extérieure continue de peser sur la croissance au T1 (contribution de -0,2 point, après -0,4 au T4). Les importations connaissent une croissance modérée (+0,5% sur le trimestre, après +2,1% au T4), mais les exportations se contractent ce trimestre (-0,2%, après +1,0% au T4). Les stocks ont un impact négatif sur la croissance (de -0,2 point).

La reprise graduelle de l’économie française se confirme. Elle bénéficie en effet de la conjonction de plusieurs facteurs positifs : euro, pétrole, taux d’intérêts bas et mesures de soutien aux entreprises. La montée en puissance du CICE et du pacte de responsabilité favorise le redémarrage progressif de l’investissement et de l’emploi. Cette reprise ne saurait cependant faire oublier les contraintes qui pèsent sur l’économie française : taux de chômage élevé, déficit de compétitivité, confiance médiocre, poursuite de l’ajustement budgétaire.

 Notre opinion – L’acquis de croissance atteint +1,0% pour 2016. Ce résultat, supérieur à nos attentes nous conduit à relever notre prévision de croissance à +1,3% pour 2016 contre +1,2% précédemment.

Cette bonne surprise du T1 ne remet cependant pas en cause notre scénario d’une reprise très graduelle. En effet, ce relativement bon chiffre provient essentiellement du rebond de la consommation des ménages, qui s’explique par des circonstances très particulières. Il s’agit en grande partie d’une correction après l’impact négatif des attentats de Paris et des conditions climatiques sur la croissance du T4 2015.

Plus marginalement, il est également possible que la consommation ait bénéficié d’un léger mieux sur les créations d’emploi, lié notamment aux mesures pour l’emploi dans les PME de janvier dernier.

Inflation : très légère hausse des prix sur un mois en avril, en baisse sur un an (-0,2%) L’estimation préliminaire de l’Insee indique une baisse de l’indice des prix sur un an (-0,2% après -0,1% en mars).

Cette évolution traduit un nouveau fléchissement des prix des produits manufacturés (-0,6% sur un an en avril contre -0,2% le mois précédent). L’indice des prix dans le secteur de l’énergie poursuit sa baisse sur un an, à -6,8%. L’évolution sur 12 mois des prix des produits alimentaires et des services est identique à celle du mois précédent, atteignant respectivement +0,4% et +0,9%. Sur un mois, les prix augmentent très légèrement en avril (+0,1%), à la faveur d’un accroissement du prix des produits pétroliers et des services.

Notre opinion – Les résultats du mois d’avril sont conformes à notre prévision. Ce résultat confirme notre scénario de faible inflation en 2016 (+0,2 % en moyenne annuelle).

Hebdomadaire – N°16/127 – 2 mai 2016

Études Économiques Groupe – Crédit Agricole S.A.

12, place des États-Unis – 92127 Montrouge Cedex

Directeur de la publication : Isabelle JOB-BAZILLE

Rédacteurs en chef : Armelle SARDA – Paola MONPERRUS-VERONI 

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