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18/05/2016
Edition du 17 mai 2016
Perspectives
Un début d'année rassurant

Une semaine pauvre en données d’activité et l’attentisme des Banques centrales ont stabilisé les marchés, notamment obligataires et du crédit, alors que les marchés actions restent fragiles. Outre-Atlantique, des données sur l’emploi plus modestes qu’anticipé, des immatriculations et des ventes au détail robustes, mais des indices d’activité signalant une expansion lente, sont un cocktail qui complique la sortie du statu quo de la Fed. D’autant qu’une nouvelle intervention de la BoJ gagne en probabilité et accroît le risque d’un durcissement des conditions monétaires et financières en cas de normalisation.

Pour l’instant, les Trésors européens profitent de l’appétit des marchés pour les maturités longues. Avec 10 000 milliards de dollars de titres à taux négatif dans le monde, la recherche de rendement a permis le succès de l’émission souveraine espagnole à 50 ans (après celles de la France et de la Belgique sur la même maturité, et de l’Irlande et de la Belgique à 100 ans). Cette forte demande n’a pas empêché les spreads périphériques de continuer de s’écarter alors que le rendement du Bund s’est un peu redressé en fin de semaine, tout en restant à un niveau historiquement bas, en ligne avec des perspectives de croissance et d’inflation faibles.

La BCE a continué de défendre sa politique face à l’industrie bancaire et des assurances allemandes, même si le ton du débat s’est adouci. Elle reste patiente, attendant d’observer progressivement les effets de ses mesures de mars. Nous n’attendons aucune annonce majeure sur la politique monétaire à la réunion de mercredi prochain. Pour l’instant, les données sur l’économie réelle vont dans le sens d’une relative efficacité de la politique de la BCE. Malgré le recul de la production industrielle de mars, le cycle manufacturier s’est retourné à la hausse au premier trimestre et a contribué à un rebond du PIB supérieur aux attentes au T1 2016 (+0,5% par rapport au T4 2015) et ce dans la plupart des économies de la zone euro. Ce redressement de la croissance est tiré par le renforcement de la demande intérieure, avec une dynamique de l’investissement qui gagne en vigueur. Mais ce sursaut tient aussi à un effet de rattrapage après un T4 faible. Après ce bon résultat, il est difficile de prévoir une accélération de l’activité sur le trimestre en cours, ce qui justifie l’attentisme de la BCE. Mais celle-ci se garde aussi des marges de manœuvre au cas où le résultat du référendum anglais serait en défaveur de l’appartenance à l’UE, ce qui serait un facteur déstabilisant pour les marchés.

Dans l’attente d’une décision de la Commission européenne sur les stratégies budgétaires des pays pour 2016 et 2017, prévue pour mercredi, l’attention restera focalisée sur l’avancée des négociations avec la Grèce, sur les manœuvres politiques en Espagne et sur la démission du chef du gouvernement autrichien, qui quitte aussi la direction du Parti social-démocrate après le piètre résultat obtenu au premier tour des élections présidentielles, loin derrière le Parti d’extrême droite FPÖ (35% des suffrages) et en amont du second tour le 22 mai prochain.

FRANCE

  • Légère hausse de l’indice des prix en avril (+0,1% sur un mois), baisse sur un an (-0,2%)
En avril, l’indice des prix est quasi stable sur un mois (+0,1%) après une hausse plus marquée au mois de mars (+0,6%) liée à des effets saisonniers. Les prix des produits manufacturés fléchissent (-0,2%) tandis qu’ils s’améliorent dans l’énergie et les services (de respectivement +0,3% et +0,2%).
L’indice des prix des produits pétroliers décélère en avril (+1,5% après +2,5% en mars) et est en repli marqué sur un an (-12,1%).
Les prix des services sont en légère progression, qui s’explique par la hausse des tarifs de transports (+1,2% sur un mois) et des communications (+1,2%). Les prix des biens alimentaires restent par ailleurs stables ce mois-ci.
Sur un an, l’évolution de l’indice des prix se rétracte légèrement (-0,2% en avril contre -0,1% en mars) tandis que l’inflation sous-jacente reste stable (+0,6%).
En mai, la hausse du niveau général des prix devrait connaître une légère amélioration (+0,3% sur un mois). L’évolution des prix des produits manufacturés repasserait en territoire positif (+0,1%) soutenue par l’habillement et les chaussures (+1,1%). Les prix des produits pétroliers gagneraient 3,3%, en hausse pour le troisième mois consécutif.
Au-delà, la remontée sur un an de l’indice des prix à partir du deuxième semestre permettrait d’atteindre +0,2% d’inflation en moyenne annuelle.

Notre opinion – Les résultats du mois d’avril viennent confirmer notre prévision d’une inflation faible en 2016 à +0,2% en moyenne annuelle. La contribution négative de l’énergie en ce début d’année devrait peu à peu s’atténuer pour repasser en territoire positif au dernier trimestre 2016.

  • Production industrielle : baisse de 0,6% au premier trimestre 2016
Après une accélération au quatrième trimestre 2015 (+0,8 % en variation trimestrielle), la production manufacturière se replie de 0,7% au premier trimestre 2016. Dans l’industrie au sens large, cette baisse est de 0,6% sur le trimestre.
En mars, sur un mois, la production baisse à nouveau, aussi bien dans l’industrie (-0,3%, après -1,3% en février) que dans le secteur manufacturier (-0,9% après -1,4%). Une baisse qui touche la quasi-totalité des secteurs mis à part celui de l’énergie.
Au cours des trois premiers mois de l’année, par rapport à la même période de l'année précédente, la production industrielle se redresse modérément (+0,5%), ainsi que dans le secteur manufacturier (+0,9%).

Notre opinion – On attend une amélioration de la production industrielle au prochain trimestre, avec une progression de 0,3% en variation trimestrielle en lien avec les données d’enquête disponibles. En moyenne annuelle, la production manufacturière augmenterait modérément de 0,8% en 2016, compte tenu d’une demande interne qui s’améliore graduellement et d’une croissance mondiale peu dynamique.
 

 

Études Économiques Groupe – Crédit Agricole S.A.
Hebdomadaire – N°16/137 – 17 mai 2016
Directeur de la publication : Isabelle JOB-BAZILLE
Rédacteurs en chef : Armelle SARDA – Paola MONPERRUS-VERONI
France : Olivier ELUERE – Ludovic MARTIN
Documentation : Dominique PETIT
Statistiques : Robin MOURIER
Réalisation et Secrétariat de rédaction : Véronique CHAMPION

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